Ce que murmure la mer

Ce que murmure la mer, avec ses côtés vrais et tristes, se rapproche grandement du conte original, mais Claire Carabas a su innover, notamment avec le point de vue du coup de coeur de la sirène, qui apporte une nouvelle dimension à l’histoire.

Avis par Laurapassage

Ce que murmure la mer

Claire Carabas

Magic Mirror Editions


Conte, Contemporain, Romance
07/09/2017 – 244 pages – 18€00
« Je quitte mon monde, une fois de plus, pour aller à la rencontre du vôtre. Je m’approche des lumières qui ceinturent vos rivages. Je respire l’odeur de votre terre, de vos plantes et de vos feux. Je longe vos côtes. Je peux nager longtemps. Inlassable, je fends l’eau. Je cherche ce chant à nul autre pareil. Ce chant que les femmes adressent à leurs hommes perdus. »
L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne.
Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies. Eperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son coeur ?
Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

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Après la belle surprise que j’avais eu avec Ronces Blanches et Roses Rouges, il me tardait de découvrir une nouvelle publication chez Magic Mirror Editions. Et soyons honnêtes, Claire Carabas m’a totalement convaincue avec sa revisite de « La Petite Sirène », Ce que murmure la mer.

« Ce que j’ai donné : mes jambes, et ma voix, et l’estime des miens, n’est-ce rien tout cela ? »

 

La sirène de Ce que murmure la mer n’est pas tout à fait différente du conte d’Andersen et son personnage se reconnaît de suite. Elle apparaît déterminée dans son envie première de rejoindre l’homme qu’elle aime au premier coup d’oeil, mais garde aussi ce côté naïf et immature (malgré son âge dans l’histoire). Elle sait être têtue, du moment qu’elle ne se retrouve pas face aux problèmes, car dans ces moments-là, sa timidité et son manque d’expérience prennent le dessus. Yvon, quant à lui, le jeune homme dont tombe éperdument amoureuse la sirène, se montre avant tout généreux, mais aussi torturé par ses mésaventures en mer. Manquant de confiance en lui et se sentant différent du reste du monde, il entreprend peu et laisse la vie se faire d’elle-même. Mais une chose est sûre, l’existence de Galathée et de son coup de foudre vont se retrouver ébranlée dans leur rencontre.

Si vous avez déjà lu le conte d’Andersen, vous n’êtes pas sans savoir qu’il est bien loin de l’adaptation qu’en a fait Disney. Ainsi, Claire Carabas signe une revisite du conte de La Petite Sirène bien plus proche de l’original. Ne vous attendez donc pas à une histoire merveilleuse et magnifique, les deux héros y subissent de nombreuses épreuves. Comme pour leur première parution, les éditions Magic Mirror vous proposent d’ailleurs de retrouver le conte d’Hans Christian Andersen en fin de livre. Mais l’auteure ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’elle nous permet également, à travers son journal, de découvrir le point de vue d’Yvon, le coup de coeur de la sirène. Et quel plaisir ! Car, c’est grâce à ce nouvel aspect que le récit prend toute son ampleur, et même, une nouvelle signification. Et c’est bien là toute la profondeur de l’histoire dont on ne peut imaginer l’issue avant de l’avoir lue.

« Je n’ai connu ton nom qu’après avoir perdu ma voix. Mais longtemps, sans même le connaitre, je l’ai porté au fond des eaux. »

 

Dans Ce que murmure la mer, Claire Carabas fait autant preuve d’imagination que de respect envers l’oeuvre originale. C’est ainsi que sans dater son récit, elle l’adapte à la société et aux technologies actuelles, tout en gardant des aspects, dans les personnalités de ses deux héros et dans les moeurs sur terre et sous l’eau, plus rétrogrades. Seul bémol, le milieu de l’histoire perd en intensité. Ainsi, le rythme faiblit et c’est avant tout dans le psychologique que tout se passe, au détriment de l’action. Heureusement, la nouvelle dimension qu’apporte l’auteure et sa plume descriptive donnent un coup de fouet aux autres versions. Une fois encore, la couverture magnifique de Mina M et la mise en page de la numérotation illustrent à la perfection la revisite de ce conte. Et bien sûr, pour finir, la morale à la fois amère, sincère et cruelle, marque plus que tout et ne laisse définitivement pas indifférent.

« Je sais que sur terre, personne ne me croira. Mais à moi-même, je ne peux pas mentir : j’ai vu un visage de femme. »

 

Ce que murmure la mer, avec ses côtés vrais et tristes, se rapproche grandement du conte original, mais Claire Carabas a su innover, notamment avec le point de vue du coup de coeur de la sirène, qui apporte une nouvelle dimension à l’histoire.


  • Histoire 90%
  • Ecriture 90%
  • Personnages 85%
  • Emotions 80%
  • Originalité 95%
  • Suspense 90%

MA NOTE :

Pour ceux qui ont aimé :

Ronces Blanches et Roses Rouges


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2 Comments

  1. Je dois encore lire 'Ronces Blanches et Roses Rouges' mais maintenant j'ai aussi envie de découvrir ce livre-là. À cause de toi ma wish-list s'allonge xD

  2. Super chronique ! J'ai vraiment envie de découvrir ce livre et cette maison d'édition.

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