Je suis ton soleil

Je suis ton soleil m’a beaucoup touchée, autant par son héroïne que pour les autres personnages et Marie Pavlenko a su mettre en avant de belles valeurs par des réflexions parfois hilarantes et à d’autres moments dures et émouvantes. Un grand merci à Flammarion Jeunesse pour cette belle découverte et sa soirée de lancement.

Avis par Laurapassage

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Titre : Je suis ton soleil Achetez sur Amazon
Auteur : Marie Pavlenko
Editeur : 
Flammarion Jeunesse
Genre : 
Contemporain, Young Adult
Date de parution : 
08/03/2017
Pages : 
380
Prix : 
17€50
Résumé : 
Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n’est pas le pire, non. Le pire, c’est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d’embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Quand les éditions Flammarion jeunesse m’ont contacté pour découvrir le nouveau Marie Pavlenko, j’étais plus qu’enchantée de pouvoir enfin lire un ouvrage de cette auteure dont j’entends souvent parler. Alors imaginez mon plaisir et sur tout mon impatience, en parcourant le résumé plus que tentant de Je suis ton soleil !

 

« Je vais finir vieille fille. Sur ma tombe, on lira : « Ci-gît Déborah, la fille qui aimait les grenouilles. Las, aucune n’eut la décence de se transformer en prince charmant. » »

 

 

L’héroïne de Je suis ton soleil s’appelle Déborah. C’est une lycéenne qui ne sait pas encore à quel point elle est forte, drôle et attachante. Grande lectrice de classiques grâce à Carrie, elle n’a, au premier abord, rien de bien particulier. Certes elle n’a qu’une véritable amie, Eloïse à la fois branchée et excentrique, mais elle est dans la moyenne en classe, a des parents un peu incompréhensibles, rien de très anormal à cet âge là, et comme la majorité des gens sur cette terre, elle subit le jugement des autres et elle-même considère les gens en fonction de leur apparence ou de leurs particularités. Sauf qu’elle ne s’imagine pas à quel point elle peut aimer et être aimée par ses proches, préférant parfois les épargner de la vérité, se reposant à d’autres sur eux. Finalement, elle est ce qu’on peut appeler une fille lambda qui, avec ces qualités et ses défauts, qu’elle les mette en valeurs ou tente de les cacher, arrive à faire rire, attendrir et donner du courage à son entourage. Jamal n’y ait pas pour rien avec sa propre individualité et Victor non plus, temporisant le caractère des autres. Mais sachez-le, Déborah est bien la force de ce livre et la suivre dans son quotidien d’ado proche de l’âge adulte, fait de hauts et de bas et pourtant assez commun ne pourra que vous toucher.

Deux thèmes m’ont particulièrement touchée dans Je suis ton soleil et pourtant ils sont loin d’être les seuls abordés. Tout d’abord, il y a la quête de soi, de son plaisir, des ses envies, de ce qui nous rend heureux ou nous fait du mal ainsi que le fait de s’accepter et d’accepter ses choix. Que ce soit avec Déborah, ses deux parents ou ses amis, chacun est à un croisement de sa vie. De belles valeurs nous sont partagées : le fait de s’assumer, d’avancer vers l’avenir et de ne pas rester dans le passé sans pour autant l’oublier, réfléchir à faire ce que l’on aime et se battre pour aller au bout de ses rêves et projets, ne pas regretter ses choix et faire de ses échecs une force, ne pas changer pour faire plaisir aux autres… Toutes ces réflexions ont fait écho en moi, car elles concernent tout le monde et chacun y trouvera résonance avec son propre vécu. Et Marie Pavlenko va encore plus loin en mettant en avant ces éléments qui nous caractérisent à notre manière, qui se répètent dans notre histoire, même si ils sont aussi loufoques qu’un chien obèse, des coquillettes, des post-it, des mouchoirs et le soleil, le tout bien mélangé surtout !

 

« Je tâte mes fesses et constate que ma plastique irréprochable s’est fait la malle, elle aussi. À la place, il y a le royaume de dame Cellulite, implantée sur le territoire depuis des générations, décidée à ne pas lâcher un centimètre. Ma mère, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère y ont eu droit. À bien regarder les albums de famille, la cellulite coule dans nos veines. »

 

 

Ensuite, le deuxième point qui ne m’a pas laissée indifférente est aussi important que le premier : le regard que l’on a sur la vie, les autres, les apparences et les jugements hâtifs. Encore une fois, le sujet touche tout le monde et nous en sommes tous à la fois les acteurs et les victimes. L’apparence est malheureusement matière à la moquerie et c’est bien dommage. Que ce soit dans ses manies, son apparence physique, ses goûts (vestimentaires, littéraires, musicaux, télévisuels ou filmographiques, créatifs…), ses choix de vie ou son orientation sexuelle, etc… tout est prétexte à la raillerie et c’est bien dommage. Je suis ton soleil nous rappelle à quel point juger les autres sur ce genre de détail est absurde. Tous ces éléments font partie de l’ensemble d’une personne, mais ne la représentent pas entièrement. Et c’est pourquoi ces réflexions ont eu un impact sur moi, car il est toujours bon de rappeler que l’apparence ne fait pas le bonheur, c’est ce qu’il y a au fond de chaque personne qui la définit. Tout le monde devrait lire cette histoire pour se remettre aussi un peu en question et se souvenir que l’essentiel n’est pas ce que l’on montre ou ce que l’on voit. Avec en plus l’humour présent du début à la fin du récit, ce n’est que du bonheur.

 

« C’est l’angoisse ce chien. Un mélange improbable de Droopy en fin de vie, Beethoven (le chien, pas le compositeur) atteint de psoriasis, et Milou passé entre les mains d’une esthéticienne sous acide. »

 

 

Je suis ton soleil m’a beaucoup touchée, autant par son héroïne que pour les autres personnages et Marie Pavlenko a su mettre en avant de belles valeurs par des réflexions parfois hilarantes et à d’autres moments dures et émouvantes. Un grand merci à Flammarion Jeunesse pour cette belle découverte et sa soirée de lancement.

  • Histoire 90%
  • Ecriture 100%
  • Personnages 100%
  • Emotions 95%
  • Originalité 90%
  • Suspense 90%

MA NOTE :

Pour ceux qui ont aimé :
Et si…

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11 Comments

  1. Celui-là aussi me fait de l’œil depuis sa sortie, et quelle critique enthousiaste ! :) Ce sont des thèmes qui me parlent en général, et typiquement le genre d'histoire que je pourrais aimer dès les premières pages. Et puis, il va me falloir le lire, rien que pour répondre à la question : pourquoi diable y a-t-il des coquillettes sur la couverture...? :D

    • Au début, je ne m'attendais pas du tout à découvrir ce genre de thèmes et d'aussi belles valeurs, mais j'ai été très agréablement surprise.
      En plus, Marie Pavlenko arrive à faire passer des messages avec humour et tout simplement, sans faire de moral.
      Et pis les coquillettes !

  2. Au début, ce livre ne me tentait pas spécialement mais plus je vois d'avis et plus je suis intriguée donc pourquoi pas :)

    • Disons qu'à la base, c'est une histoire simple : une lycéenne basique, des désillusions d'adolescente et beaucoup d'humour.
      Sauf que ce livre cache beaucoup plus que ça entre intrigue et belles valeurs.
      Sa lecture a été un réel plaisir !

  3. Une critique très exhaustive!

    Merci,
    Megan
    www.lapageouverte.com

  4. Plus je vois d'avis sur ce livre, plus je suis bien tenté de le lire ! :D

    • Ah beh tu te doutes bien que je ne peux que te le conseiller ! Honnêtement, y'a rien de bien farfelu dans l'histoire et l'ensemble reste très plausible, mais franchement, avec les petites morales dispersées au fil du livre comme si de rien était, on s'identifie vite aux événements du récit ?

  5. Je suis complètement d'accord avec toi. Je n'ai pas parlé des deux points que tu relèves dans ta chroniques, mais c'est vrai que le livre est super pour ça : cette multitude de messages. Il est positif et charmant, très agréable à lire avec l'humour de Déborah et la plume de Marie Pavlenko. Un coup de coeur pour ma part.

    • Il a vraiment pas de défaut, après il m'a juste manqué une petite étincelle pour totalement me convaincre et même si elle m'a plu, la fin est assez prévisible, mais le reste est au Top !!!

  6. Ce livre me fait de l’œil depuis que j'ai lu plusieurs chronique très positives à son sujet ! Et ces pâtes sur la couverture... C'est très intriguant !

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