La faucheuse - Tome 1

La faucheuse est un livre qui a su me convaincre par son utopie en opposition avec la communauté des faucheurs. Neal Shusterman a prit le parti de se concentrer sur la mise en place de son idéologie, au dépend de l’action, mais se rattrape avec une fin à couper le souffle.

Avis par Laurapassage

p

Titre : La faucheuse Achetez sur Amazon
Auteur : Neal Shusterman
Editeur : Collection R
Genre : 
Utopie, Young Adult
Date de parution : 
16/02/2017
Pages : 
504
Prix : 
18€90
Résumé : 
« MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement (« glané ») par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.
Mais seul l’un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu’il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l’un contre l’autre bien malgré eux… »

Quand La faucheuse est sorti et je dirais même avant, tellement de personnes l’avaient apprécié que je m’étais dit que je le lirais plus tard afin de ne pas en attendre trop et d’avoir laissé reposé. Seulement, quand je l’ai vu proposé sur Netgalley, je n’ai pas pu me retenir de découvrir le premier tome de la nouvelle saga de Neal Shusterman et je remercie Collection R d’avoine accepté ma demande.

« – En gros, pendant qu’on était en train de faire nos courses, vous pensiez à votre future victime ? dit Rowan. – J’ai de la peine pour vous, fit remarquer Citra. Même quand vous faites votre shopping, la mort se cache derrière le pack de lait. »

Comme le résumé l’indique, nous allons suivre deux apprentis faucheurs adolescents Citra et Rowan. Étonnamment, les deux personnages se ressemblent assez puisqu’au début de leur formation, ils ont tout les deux en erreur l’idée de tuer et une morale sans faille. Ils possèdent chacun un caractère fort et une grande détermination. De base, ils font preuve d’altruisme dans leur vie et n’hésitent pas à dire tout haut les remarques qu’ils ont à faire.  Mais bien sûr, leur formation va les façonner et les changer pour toujours. Dans La faucheuse, il est aussi intégrant de découvrir plus en profondeur trois faucheurs ordonnés, Maître Faraday, Dame Curie et Maître Goddard tous les trois bien différents. Le premier, Maître Faraday, formateur de Citra et Rowan, travaille avec morale et probabilité. C’est la justice simple qui se base sur les statistiques de l’Age Mortel. Il prend son rôle à coeur et reste zen en toute situation. Dame Curie, de son côté, a pris partie des faiblesses du Post-Mortel où les hommes ne craignent plus la mort et vivent chaque jour en se disant qu’il y en aura bien d’autres ensuite. Elle reste droite et présente elle aussi de belles valeurs. Le dernier est en opposition complètement avec les deux premiers. Maître Goddard représente la dérive d’une telle communauté qui a droit de vie ou de mort sur le reste des humains, prenant chaque fois plaisir à tuer. Et toutes ces différences font un ensemble éclectiques et représentatives de la nature humaine, même quand la mortalité n’existe plus.

Ce qui frappe en premier dans La faucheuse, c’est l’idée d’utopie qu’a inventé Neal Shusterman. Son univers est particulièrement bien ficelé et crédible même s’il reste assez vague sur certains points. En effet, les détails restent flous sur de nombreux éléments, à l’image de l’ignorance des humains qui ne se préoccupent pas de comprendre comment fonctionne leur monde, du moment qu’ils continuent à vivre tranquillement. Il fallait oser imaginer et présenter un tel système qui tient parfaitement la route, fait parfois rêver et met parfois mal à l’aise lorsque la réalité de ce nouveau monde est approfondie. Effectivement, comme dans toute idéologie, l’auteur a su apporter des failles qui montre que la perfection n’existe pas et que les dérives de la nature humaine ne sont jamais bien loin. L’idéal n’existe pas et pourtant, le système Post-Mortel s’en approchait vraiment. C’est là que la morale entre en compte et Neal Shusterman sait montrer les différentes facettes de cette grande vertu humaine dont la limite peut facilement être franchie.

« Les gens rient, car peu importe l’atrocité de l’événement, l’accidenté, tout comme le coyote, sera de retour un jour ou deux plus tard, en pleine forme et comme s’il ne lui était jamais rien arrivé. L’immortalité nous a tous transformés en personnage de dessins animés. »

Après la surprenante découverte de l’idée de La faucheuse, la formation de Citra et Rowan commence et c’est là que ce premier tome m’a quelque peu déçu. L’action étant peu présente, l’auteur a privilégié la mise en place de son univers et des différentes subtilités que le caractérisent. Bien que les rebondissements de la majeure partie du livre ne soient pas à la hauteur de l’idéologie présentée, la présentation des changements qu’apporte cette utopie sur les humains et le fonctionnement de la communauté des faucheurs est plus que nécessaire. La représentation des différentes manières de gérer la fonction de faucheur à travers les trois Maîtres apportent une réelle profondeur à l’histoire en plus du chemin que prennent les apprentis au fur et à mesure de leur année de formation. L’aspect psychologique, centré à la fois sur les raisons de vivre quand la mort n’est plus un facteur déterminant et sur la morale de droit de vie ou de mort, montre à quel point l’auteur a pensé à l’étendue de son utopie avec la perspective de la nature humaine en avant-poste. Heureusement, l’action reprend du service lors des deux dernières partie du livre et les révélations et rebondissements s’enchaînent afin de retourner complètement la situation, laissant le lecteur bluffé et avide de connaître la suite de la saga.

« Car le pouvoir est inexorablement infecté par la seule maladie qu’il nous reste encore. Un virus qu’on appelle la nature humaine. Je ne donne pas cher de l’avenir de notre espèce, si jamais les faucheurs se mettent à aimer ce qu’ils font. »

La faucheuse est un livre qui a su me convaincre par son utopie en opposition avec la communauté des faucheurs. Neal Shusterman a prit le parti de se concentrer sur la mise en place de son idéologie, au dépend de l’action, mais se rattrape avec une fin à couper le souffle.

  • Histoire 90%
  • Ecriture 90%
  • Personnages 95%
  • Emotions 80%
  • Originalité 100%
  • Suspense 90%

MA NOTE :

Pour ceux qui ont aimé :
The Scorpion Rules

Pin It on Pinterest

Share This

Souscrire à la Newsletter

Pour ne rien rater des prochains articles du blog, des news et mises à jour sourcrivez à la Newsletter.

You have Successfully Subscribed!

Souscrire à la Newsletter

Pour ne rien rater des prochains articles du blog, des news et mises à jour sourcrivez à la Newsletter.

You have Successfully Subscribed!