L'analphabète qui savait compter

A vouloir trop en faire avec L’analphabète qui savait compter, Jonas Jonasson s’est perdu dans l’excès et l’absurdité, autant de ses personnages que des situations dans lesquelles il les met, partant pourtant d’une histoire à la base prometteuse et de notions d’histoire réelle.

Avis par Laurapassage

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Titre : L’analphabète qui savait compter Achetez sur Amazon
Auteur : Jonas Jonasson
Editeur : 
Presses de la cité
Genre : 
Contemporain, Humour
Date de parution : 
17/10/2013
Pages :
480
Prix : 
22€00
Résumé :
Née à Soweto pendant l’apartheid, Nombeko Mayeki commence à travailler à cinq ans, devient orpheline à dix et est renversée par une voiture à quinze. Tout semble la vouer à mener une existence de dur labeur et à mourir dans l’indifférence générale. Mais c’est sous-estimer le destin… et le fait qu’elle est une analphabète qui sait compter – deux facteurs qui la conduisent loin de l’Afrique du Sud et la font naviguer dans les hautes sphères de la politique internationale. Durant son périple, elle rencontre des personnages hauts en couleur, dont deux frères physiquement identiques et pourtant très différents. Nombeko réussit à se mettre à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. C’est à ce moment-là que l’humanité est menacée. Dans son deuxième roman, Jonas Jonasson s’attaque avec humour aux préjugés et au fondamentalisme sous toutes ses formes. Il démolit une bonne fois pour toutes le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou des poules.

Dans le cadre du challenge Déstockage de PAL en duo, nous devions choisir, pour le deuxième thème, un livre avec un titre original. L’analphabète qui savait compter trainant dans ma PAL, quoi de mieux que de l’inclure au challenge ? De plus, malgré un humour assez spécial, des situations rocambolesques et quelques longueurs, j’avais bien apprécié le premier livre de Jonas Jonasson : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

« Henrietta voulait des enfants, de préférence autant que possible. Sur le fond, Ingmar trouvait que c’était une bonne idée, pour la principale raison qu’il appréciait le processus de fabrication. »

Pour commencer, il faut savoir que si j’ai eu énormément de mal à lire et finir ce livre, il en est de même pour ma chronique. On y suit donc Nombeko, une jeune sud-africaine surdouée qui va vivre tout un tas d’expériences, passant de l’esclavagisme au racisme et j’en passe. A la fois surprenante dans ses capacités et ses actions, elle se montre aussi parfois très fade en comparaison des autres personnages. Car une chose est claire, les personnages de Jonas Jonasson sont tous différents, mais aussi complètement extravagants dans leur façon d’être, d’agir ou de réfléchir. Un excès qui devient écrasant à la longue et qui rend Nombeko « normale » malgré ses capacités étonnantes pour une fille avec ses origines et son enfance. Alors certes, j’ai apprécié certains d’entre eux et d’autres m’ont franchement agacés, mais il manque un peu de naturel dans toute cette cacophonie d’absurde.

Alors que Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire se déroule sur peu de temps, il faut déjà comprendre que L’analphabète qui savait compter se déroule sur un laps de temps bien plus grand et on se retrouve avec des longueurs à n’en plus finir, bien que celui-ci ne comporte pas de flash-back comme le précédent. Le problème, c’est que l’auteur n’innove pas vraiment et utilise les mêmes codes encore plus invraisemblables. On dirait presque qu’il a souhaité avec ce livre, faire une surenchère du premier, ce qui le rend, en plus d’être inconcevable, lourd et soporifique. Je comprends que l’on puisse aimer ce genre de livre, mais il fera sans aucun doute bien moins d’heureux que le premier.

« Piet entra dans le bureau des latrines et ne pût s’empêcher de lâcher une remarque sur l’odeur. Là était assis le chef des latrines, celui qui allait devoir partir. Et, à côté de lui, une petite fille qui, à la stupéfaction de Piet, ouvrit la bouche et répondit que la merde avait en effet la fâcheuse propriété de puer. »

Car comme pour ce premier livre, Jonas Jonasson abuse dans L’analphabète qui savait compter d’anecdotes rocambolesques sur l’histoire, la politique, la physique/chimie, ce qui rend la lecture entrecoupée de détails qui font peu avancer l’histoire de Nombeko et de ses acolytes et qui n’intéresse pas vraiment le lecteur à cause de leur manque de crédibilité. De plus, alors que j’avais ris à plusieurs reprises dans le premier, je n’ai pas du tout accroché à l’humour de l’auteur dans celui-ci, encore plus poussée dans l’extravagance.

« Le soldat (de l’Armée du salut) proposa à Ingmar de lui lire quelques versets des Saintes Ecritures. – Bien sûr, répondit Ingmar, mais lisez en silence car j’ai besoin de dormir. »

Pour conclure, avec L’analphabète qui savait compter, je dirais qu’à vouloir trop en faire, Jonas Jonasson s’est perdu dans l’excès et l’absurdité, autant de ses personnages que des situations dans lesquelles il les met, partant pourtant d’une histoire à la base prometteuse et de notions d’histoire réelle.

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  • Histoire 75%
  • Ecriture 80%
  • Personnages 75%
  • Emotions 50%
  • Originalité 90%
  • Suspense 50%

MA NOTE :

Pour ceux qui ont aimé :
Le théorème des Katherine

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